Musée architecture : note de Jean-François Charpenet

Musée architecture ou l’art de concevoir et d’adapter ou de construire un espace destiné à abriter les fonctions spécifiques d’un musée, notamment celles d’exposition, de conservation préventive et active, d’étude, de gestion et de réception.

Architecture muséale

Depuis l’invention du musée moderne à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, parallèlement à la reconversion des bâtiments patrimoniaux anciens, une architecture spécifique a été développée qui, à travers des expositions temporaires ou permanentes, est liée aux conditions de conservation, de recherche et de communication des collections. Les premières constructions, ainsi que d’autres œuvres plus contemporaines, en témoignent.

C’est précisément le vocabulaire architectural qui conditionne le développement de la notion de musée architecture. Ainsi, la structure du temple avec sa coupole, sa façade à portique et sa colonnade s’impose en même temps que la galerie, conçue comme l’un des principaux modèles des musées des beaux-arts. Par extension, il donne naissance au nom Galleria en Italie, Galerie en Allemagne et Gallery dans les pays anglo-américains.

Technologie et musée architecture

Bien que les constructions muséales soient toujours orientées vers la conservation des collections, elles évoluent à mesure que les musées développent de nouvelles fonctions. Ainsi, après avoir cherché des solutions pour un meilleur éclairage des expositions afin de leur donner une distribution adéquate dans l’ensemble du bâtiment pour mieux structurer l’espace, au début du XXe siècle, la nécessité d’alléger les expositions permanentes se précise davantage. A cette fin, des réserves ont été constituées, soit par la suppression de salles d’exposition, soit par l’aménagement d’espaces souterrains, soit par la construction de nouveaux bâtiments. D’autre part, on s’efforce de neutraliser au mieux l’environnement des expositions, même au prix d’un abandon partiel ou total de l’ornementation historique existante. Ces améliorations sont facilitées par l’arrivée de l’électricité, qui permet de reconsidérer complètement les formes d’éclairage.

Modifications architecturales

Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, de nouvelles fonctions sont apparues qui ont entraîné des modifications architecturales majeures, telles que la multiplication des expositions temporaires, qui ont permis une répartition différente des collections entre les espaces d’exposition permanents et les espaces de réserve ; la création d’ateliers éducatifs ; le développement de structures d’accueil et de repos conçues comme de grands espaces ad hoc ; l’augmentation des bibliothèques, restaurants et boutiques de produits dérivés. Dans le même temps, la décentralisation due au regroupement et au détournement de certaines fonctions vers des tiers nécessite la construction ou la redéfinition de certains bâtiments autonomes spécifiques : d’abord les ateliers de restauration et laboratoires spécialisés desservant plusieurs musées, puis les réserves installées en dehors des espaces d’exposition.

Le rôle de l’architecte

L’architecte est celui qui conçoit et conçoit le projet d’un bâtiment, puis en dirige l’exécution. Plus largement, c’est l’architecte qui arrange l’enveloppe qui abrite les collections, le personnel et le public. Dans cette perspective, l’architecture aborde, au sein du musée, l’ensemble des éléments liés à l’espace et à la lumière. Ces aspects, apparemment secondaires, sont déterminants en termes de signification requise (ordre chronologique, visibilité pour tous, neutralité de l’arrière-plan, etc.) Les bâtiments des musées doivent donc être conçus et construits conformément au programme architectural établi par les décideurs scientifiques et administratifs.

Cependant, les décisions concernant la définition d’un tel programme et les limites de l’intervention de l’architecte ne sont pas toujours réparties de cette manière. En tant que forme d’art ou en tant que technique pour musée architecture, l’architecture peut être présentée comme une œuvre totale, capable d’intégrer l’ensemble du système muséal. Cette perspective, revendiquée par certains professionnels, ne peut être abordée que dans la mesure où elle intègre la réflexion muséographique, qui est encore loin d’être acquise.

Les programmes demandés aux architectes comprennent souvent des aménagements intérieurs, ce qui leur donne la possibilité – si aucune distinction n’est faite entre les éléments généraux et la muséographie – de donner libre cours à leur  » créativité « , parfois au détriment du musée indique Jean Francois Charpenet. Certains se spécialisent dans les expositions, devenant ainsi scénographes ou « expographes ». Peu peuvent prétendre au titre de muse.

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